REVUE DE PRESSE

A PROPOS DE PIERRE FRICK, La composition du monde

Après la parution de leur bel ouvrage sur le Domaine Zind-Humbrecht (Rouge&Blanc n° 104), les Editions Tonnerre de l’Est viennent de publier leur second portrait, consacré cette fois à Jean-Pierre Frick. Avec intelligence et perspicacité, elles poursuivent ainsi leurs investigations sur ces vignerons adeptes de la biodynamie et en perpétuelle quête d’harmonie avec la nature.

 

La nature d’un homme

 Vouloir décrire, définir et comprendre un personnage tel que Jean-Pierre Frick relève presque de l’irréalisable tant cet homme, tout en droiture, est infiniment complexe. Pourtant Thierry Weber a réussi à percer la carapace de ce vigneron doté d’une « impossible originalité », fils « naturel » de Pierre et d’Annette. Comme pour l’Alsace, sa région viticole d’appartenance, on ne sait sous quel angle l’aborder. Ses facettes sont innombrables : militant engagé et dans ses idées et dans ses actes, vigneron-funambule, écrivain-poète ou encore homme intègre à l’austère façade qui hume le bonheur de vivre en toute occasion. Bref, Thierry Weber a su dépasser les échanges convenus pour pénétrer plus intimement l’imaginaire et la symbolique de l’ami Jean-Pierre Frick. Rien n’est laissé de côté. Les vignes d’abord : des cépages à leurs relations avec le sol ainsi que des différents vins dégustés – et la gamme est vaste ! A ce propos, l’auteur est conquis : « (…) Des vins qui transcendent non seulement ce que nous pourrions penser d’eux, mais les limites qui leur sont a priori dévolues par les cépages ou par les millésimes (…) Aussi, ce qui semble le mieux caractériser Pierre Frick, c’est l’alliance entre la profondeur et la fantaisie, l’originalité subtile et la vraie rigueur : celle qui ne sait pas toujours garder son sérieux. » La biodynamie n’est pas en reste et la parole du vigneron semble alors résonner : « La biodynamie permet au vigneron de se cultiver, de grandir. Nous essayons de progresser à travers nos observations. Et le changement se fait dans l’interaction : quand ma vigne s’harmonise, je m’harmonise aussi. » Télévision, OGM, nucléaire font également partie des sujets de prédilection sur lesquels le vigneron a des avis bien tranchés, sans concession. Mais aux côtés de Jean-Pierre, il ne faudrait pas oublier Chantal, sa compagne de toujours, à la fois poétesse et muse. Ils se nourrissent l’un l’autre, en conversations souvent animées, de réflexions incessantes. Puisse leur fils Thomas en profiter le plus longtemps possible. A noter que figurent en fin d’ouvrage toutes les informations techniques sur le domaine ainsi que sa chronologie. Voilà donc un beau livre dont instruire n’est pas la moindre des qualités !

 

Jean-Marc Gatteron, LeRouge&leBlanc, numéro 110, automne 2013.     

 

STRASBOURG – Les Editions Tonnerre de l’Est

LA COMPOSITION DU MONDE

 Coup de Tonnerre à l’Est éditorial, en effet. Sise à Montbéliard, la jeune maison d’édition éponyme renverse les paradigmes en réfléchissant le portrait de vigneron et de vignoble en bio-dynamie. Deuxième publication, Pierre Frick – la composition du monde, traduit en images et en textes, l’esprit singulier du vigneron de Pfaffenheim.  

TOUT CONCORDE à l’appréhension sensible de l’ « impossible originalité » des viticulteurs Chantal et Jean-Pierre Frick. Constitué de quelques terroirs semés autour de Pfaffenheim, leur domaine s’inscrit dans la bio-dynamie depuis près de trente ans. Issu des vignes de pinot noir du Strangenberg, le Crémant 2009 Zéro sulfite ajouté exprime l’originalité, l’alliance entre la profondeur et la fantaisie qui caractérisent Pierre Frick.

En sous-titrant le livre La composition du monde, son auteur le philosophe Thierry Weber écrit à l’horizon d’une expérience inséparable d’une identité politique. Car Jean-Pierre Frick appartient aux faucheurs qui ont jugé légitime, le 15 août 2010, de mettre fin aux cultures génétiques de la vigne à Colmar.

Par-delà le savoir-faire, l’histoire du domaine, l’écriture de Thierry Weber saisit dans ses oscillations poétiques, la vérité des Frick. « Le vin traduit l’œuvre cachée du vignoble et du vigneron en les portant à la lumière du temps. » Les sens aiguisés, on traverse cette odyssée humaine, guidé par les photographies vibrantes de Christophe Bohème et les gravures sismographiques de Denis Pérez. L’une n’illustre pas l’autre car textes et images s’enrichissent de leurs contrastes et libèrent une charge méditative puissante. Qui se partage de la vigne au verre, au fil des pages. Au fil de l’eau que les images de Christophe Bohème font miroiter en couleurs. Là où ça vit, palpite et crépite. Comme un rêve infini.

Vérandana Paladino, Les Dernières nouvelles d’Alsace, « Reflets », 9 décembre 2013.

 

Pierre Frick, la composition du monde

Bien entendu, ce livre évoque l’histoire d’un domaine viticole, en bio puis en bio-dynamie depuis 1970, mais il raconte aussi le cheminement d’un agriculteur dans son siècle.

L’auteur, philosophe, convoque à profit Adorno, Henri Michaux, pour retracer la cohérence du parcours de Jean-Pierre Frick, de son objection de conscience au fauchage des vignes OGM de l’INRA. Mais pour l’amateur de vins curieux de culture vinicole, l’évolution des choix technologiques en vigne et en vinification est aussi instructive : pressage du raisin entier et sans trituration, arrêt de toute chaptalisation, construction de hangar en bois cordé, production d’électricité à partir de panneaux photovoltaïques, vinification sans soufre ajouté, abandon des bouchons en liège…

Si le texte colle aux personnalités de Chantal et de Jean-Pierre Frick, il évite habilement la facilité de la personnification du maître du domaine qui flatte les ego ; pour preuve, les illustrations ne font pas dans l’ode à l’Alsace, à la famille Frick, aux collines viticoles et à la phénoménologie de la vigne, mais donnent la parole à de très belles photos. Un livre à lire pour comprendre la vigne, la biodynamie et bien au-delà, la place de l’homme engagé dans le monde d’aujourd’hui. De l’agri-viti-culture et un parti-pris éditorial téméraire et créatif comme on les aime.

 

Laurent Dreyfus, Biodynamis, Hiver 2013.      

 

          

17 avril 2014

Pierre Frick, la composition du monde

….Cela fait un bon bout de temps que l’envie m’est grande d’accoucher sur ce blog de nombreuses lignes sur Jean-Pierre Frick, son domaine, ses amis et son cheminement militant.
L’envie m’était d’autant plus grande que malgré son caractère vif, l’homme de Pfaffenheim préfère toujours mettre ses actes et son combat en avant, alors que lui-même fait le plus souvent preuve d’une grande réserve tout en simplicité. Avec le recul, je ne pense pas que ce soit de la timidité, mais plutôt une forme d’écoute respectueuse et réfléchie.
Une forme d’écoute qui est prête à vibrer intensément, surtout si Jean-Pierre détecte en vous de la curiosité et, plus encore, un espoir pour l’homme, un espoir qui passe par une interaction retrouvée avec la terre-mère, comme elle a été pendant tant de milliers d’années avant que la productivité industrielle se mette à menacer un équilibre soudainement fragilisé.

Si j’avais dû trouver un titre à ces nombreuses lignes désirées, j’aurais probablement écrit “Jean-Pierre Frick, fils de la Terre”.

Mais voilà, tout cela me semble aujourd’hui bien moins utile parce qu’un trio m’a devancé avec un livre empreint d’émotion : « Pierre Frick, la composition du monde ».

Un trio qui rien qu’à la qualité de sa composition force déjà le respect, probablement parce que l’auteur principal, Thierry Weber, professeur de philosophie, aime à s’entourer pour chacun de ses livres de collaborateurs qui savent mettre leur art en résonance avec le contenu des écrits, avec pour ce livre Denis Perez, sculpteur et plasticien et Christophe Bohême, photographe qui complètent le trio d’auteurs.

Le livre s’appelle « Pierre  Frick… » et non, “Jean-Pierre Frick…”, parce que les auteurs ont compris que ce dernier est avant tout un être fusionnel au cheminement de ses ancêtres, à commencer par Pierre, son père, une fusion qui se marque profondément dans ses racines historiques alsaciennes.

« En provenance du Strangenberg, une énergie intense et légère traverse l’air… » 

Bien mieux, je pense, que je ne pourrais le faire, ce livre réussit à recréer une ambiance, un cadre vivant où il est dès lors plus aisé de comprendre les actes de ce passionné de la terre, de la biodynamie, de sa recherche du marquage du terroir à travers les vins, plus particulièrement à travers cette approche très raisonnée de la (non)utilisation du soufre.
Le livre met aussi parfaitement en évidence le combat du vigneron contre les OGM, mais aussi contre le nucléaire, un combat virulent, violent même, caractéristique d’un terrien qui rentre en action politique.

Et puis, bien sûr, il y a les vins, ici abordés avec délicatesse, sans phrases directrices, parce qu’on n’impose pas ses vins, on les propose à la découverte et laisse toujours aux autres ce droit légitime d’apprécier ou non.

Aérien et tout en sensibilité, ce livre est le témoignage remarquable d’une aventure humaine hors du commun, une aventure marquée par la passion.

Un livre émotionnel, poétique, vibrant qui nous redonne une valeur humaine, bref, incontournable. 
Merci à vous, Monsieur Weber, d’avoir si bien écrit ce que je rêvais d’écrire.

Tout aussi incontournable que cette jeune maison d’édition, « Tonnerre de l’Est » qui n’en est pas à son premier coup d’essai, puisque elle a déjà publié « Le Domaine Zind-Humbrecht », tout aussi captivant.

En dehors des librairies spécialisées, vous pouvez vous procurer ces deux livres sur le site web de l’éditeur.

Patrick Böttcher, Vinslibres.net

 

A PROPOS DU DOMAINE ZIND-HUMBRECHT

La légende Zind-Humbrecht dans un livre d’art

Très grande maison et, n’ayons pas peur des mots, légende de la viticulture alsacienne, le domaine Zind-Humbrecht est le sujet d’un magnifique livre d’art réalisé par Thierry Weber, amateur de vin et professeur de philosophie, et Bertrand Mac Gaw, peintre.

Tout au long de cet ouvrage, ils revisitent et interprètent l’œuvre, car c’en est une, d’Olivier Humbrecht et, avant lui, de son père Léonard qui ont fait de ce domaine séculaire l’un des plus réputés de l’Hexagone et, de leurs vins, d’intenses instants de désir. Mais ce livre ne serait pas cet objet unique et rare sans les admirables prises de vue du photographe thannois Norbert Hecht qui immortalise le Rangen de Thann, où la maison Humbrecht exploite le clos Saint-Urbain, comme personne ne l’a fait avant lui.

Un livre magnifique, pour les amateurs du vin, de l’art ou de la photo.

 

Pascal Coquis, Passion Vin, numéro 6, avril 2012.

 

Le style Zind-Humbrecht décrypté par deux auteurs

Les éditions franc-comtoises Tonnerre de l’Est inaugurent une série inédite dédiée aux domaines viticoles alsaciens ayant opté pour la culture biodynamique.

Le premier tome de cet ouvrage d’une centaine de pages rédigé par Thierry Weber, professeur de philosophie, passionné de vins, et illustré par Bertrand Mac Gaw, graphiste, s’intéresse à l’un des grands domaines alsaciens : Zind-Humbrecht à Turckheim. Les textes abordent notamment l’histoire des familles Zind et Humbrecht, et l’évolution culturale et technique d’un domaine qui, depuis des années, jouit d’une réputation internationale.

Olivier Humbrecht s’explique, notamment sur sa philosophie œnologique : « Pour le grand vin, je pense qu’il faut atteindre la concentration dans l’équilibre. Et plus l’équilibre est grand à la naissance du vin, plus on s’approche du très grand vin (…) je cherche un équilibre davantage qu’un style. »

L’ouvrage, parfois technique, mais très éclairant sur le travail des vignes et dans la cave, est ponctué de photos de certaines parcelles du domaine (40 hectares situés entre Riquewhr et Thann) et de peintures exécutées avec précision et talent par Bertrand Mac Gaw.

C’est la première fois qu’un domaine alsacien bénéficie des honneurs d’auteurs indépendants. Thierry Weber envisage de poursuivre la démarche avec d’autres domaines travaillant en biodynamie. »

 

Jean-Claude Keiflin, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, 20 novembre 2011.